137e congrès, Tours, 2012 - Composition(s) urbaine(s)
lundi 23 avril 2012 - 13:30
Colloque 3. Quelles formes spatiales pour le développement urbain durable ?
Sous-thème : Développement urbain durable - 1 - amphi 1
Titre : Vers un traitement transversal de la problématique énergétique dans les projets urbains : analyse du projet Paris Nord-Est
Présidents :
ZEMBRI Pierre, professeur de géographie à l'université de Cergy-Pontoise, directeur du laboratoire MRTE (Mobilités, réseaux, territoires, environnement), EA 4113, membre du bureau du Comité national de géographie
DEMAZIÈRE Christophe , professeur des universités et membre de l’équipe Ingenierie du projet d'aménagement paysage et environnement IPAPE, UMR 6173 Cités, TERritoires, Environnement, Sociétés - CITERES- CNRS- université François-Rabelais de Tours
L’injonction au développement durable vient intensifier un mouvement de complexification des manières de produire la ville en France. Les projets urbains devenus le mode de production de la ville permettent la mise en œuvre des stratégies de développement en adéquation avec les spécificités locales. C’est une forme d’action complexe, qui fait appel à un nombre croissant d’acteurs (partenaires privés, experts, habitants, associations écologistes etc.) et est encadré par une réglementation de plus en plus complète et contraignante. L’apparition d’enjeux comme l’énergie (énergies renouvelables et réduction des consommations) ou la lutte contre le changement climatique contribue à cette complexité. En effet, l’énergie est une problématique qui recouvre de nombreux enjeux à la fois environnementaux (lutte contre le réchauffement climatique, réduction générale de l’impact environnemental), économiques (coût global, surcoûts liés aux travaux d’efficacité énergétique…), sociaux (lutte contre la précarité énergétique, réduction de la facture énergétique des ménages), culturels (rénovation du patrimoine bâti) et de gouvernance (articulation d’une politique transversale et multi-échelles). Ainsi les acteurs et parties prenantes, de par leur formation, leurs intérêts, leurs objectifs, portent chacun un regard différent sur les enjeux énergétiques d’un projet.
Pour répondre à ces enjeux, nous considérons qu’il est nécessaire d’assurer la cohérence des solutions apportées aux différentes échelles d’un territoire sur les bâtiments, les espaces publics, les transports. Comment aider les acteurs à gérer cette complexité et mettre en œuvre des actions cohérentes en matière d’énergie?
Dans le cas présent, nous traitons cette problématique au travers de l’étude de la mise en œuvre de l’articulation entre le bâti, l’urbain et les transports sur le projet Paris Nord-Est. Il s’agit d’un vaste secteur d’aménagement (200 ha) situé dans le XIXe arrondissement de Paris, entre les Portes de la Chapelle et de la Villette. Malgré une forte présence des infrastructures de transports (faisceaux ferrés et périphérique), ce territoire est peu desservi par les transports en commun. Le projet d’ensemble se réalise à travers neuf opérations d’aménagement déclenchées progressivement.
Cette étude s’appuie à la fois sur l’analyse de documents du projet d’aménagement et sur un ensemble d’interviews des acteurs de ce grand projet de territoire (direction de l’urbanisme et direction de la voirie et des déplacements de la Ville de Paris, urbaniste coordinateur, aménageur, etc.). Ces entretiens semi-directifs ont porté sur les objectifs du projet, les choix de programmation et d’aménagement et leurs liens avec la mobilité, la prise en compte des usages, les difficultés rencontrées pour la conduite du projet, etc. L’analyse des interviews montre que la question du bâti est très peu abordée par les interviewés, ce qui laisse supposer que l’articulation avec les transports s’arrête à l’échelle de l’urbain et prend la forme d’un équilibre à trouver entre la répartition des fonctions urbaines et les moyens de transports pour y accéder. Il peut également être observé une certaine segmentation sectorielle des actions. Seul le plan guide de l’urbaniste garantit « la cohérence d’ensemble d’un point de vue spatial du territoire. D’ailleurs des actions commencent à être mises en place (ateliers d’échange entre « techniciens », réunions entre aménageur et promoteurs) dans le but d’améliorer le dialogue entre « techniciens », preuve de l’existence d’un besoin de conception collective du projet.
À partir de ces entretiens, nous pouvons émettre l’hypothèse que développer la conception partagée entre les différents acteurs du projet au fur et à mesure de son avancement améliorerait la cohérence des solutions en matière énergétique.
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Mme Morgane COLOMBERT, Docteur en génie urbain de l'université Paris XII -Paris-Est - Créteil - Val-de-Marne, Membre du laboratoire Services, process, innovation, Centre scientifique et technique du bâtiment
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M. Youssef DIAB, professeur à l'ÉIVP (École des ingénieurs de la Ville de Paris)