129e congrès, Besançon, 2004 - Le temps

lundi 19 avril 2004 - 14:00


Thème 2- Temps social, temps vécu (Moyen Âge - temps présent

Sous-thème : Époque médiévale: aux origines d’un ordre du temps

Titre : Avant-après: du mode de datation liturgique au calendrier civil. Le cas d'Ensisheim (Haut-Rhin) à la fin du Moyen Âge

Présidents :
CURSENTE Benoît
, directeur de recherche honoraire au CNRS
SOT Michel , professeur à l'Université Paris IV - Sorbonne

La Renaissance a consacré le passage du calendrier liturgique au calendrier civil dans le mode de datation des actes et événements. Cette évolution a été bien étudiée au XVIe siècle mais on en cerne plus difficilement ses prémisses médiévales. L'analyse des actes émis par le tribunal d'Ensisheim, une petite ville de 1000 habitants à la fin du Moyen Âge, éclaire ce passage sous un jour nouveau. La datation civile (mois et quantième de mois) y devient la norme entre 1550 et 1560. Auparavant, un acte était daté par rapport à une fête de saint ou du cycle liturgique située avant ou après le jour de la séance. L'analyse statistique de ces adverbes de position montre que le référent était généralement situé après la date de l'acte (lundi avant la Saint-Martin) jusqu'en 1450 ; il est ensuite systématiquement situé avant. Ceci dénote un changement de la position du présent (de l'acte) entre le passé et l'avenir, le nouveau mode étant déjà celui du calendrier civil qui calcule de même en partant du passé. Si l'on ajoute que la notation des confronts des parcelles dans les terriers connaît un changement important au même moment, c'est l'ensemble du référentiel espace-temps qui est modifié bien avant son officialisation juridique.

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M. Jean-Jacques SCHWIEN, Maître de conférences à l'université de Strasbourg